Lundi 6 avril 2009
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Edito du
BSC NEWS magazine - Avril 08 - Special Edition
Depuis que Best Seller Consulting existe, nous avons reçu des centaines de témoignages d’auteurs désespérés, abattus, désabusés de ne pas comprendre comment fonctionne le monde du livre. Leurs
destins littéraires seraient-ils scellés par les dieux de l’édition et ce d’une manière irréversible? Foin de cette vieille antienne, il ne faut pas, de notre point de vue, se résigner. Entre
incertitude, incompréhension, espoir et résignation, nous avons tenus à dresser un état des lieux de ce qui fait qu’aujourd’hui le livre existe et se transforme. Nous avons tenté de répondre aux
questions de tous ces auteurs qui nous demandent notre avis sur la meilleure façon de publier. Les plus cyniques répondraient d’une seule voix “ Ce qu’il vous manque?! L’essentiel bien sûr! C’est
ce qu’on appelle le talent...” C’est une réponse hâtive et un peu courte. On pourrait s’en contenter, ce n’est pas notre cas. Certes les auteurs ayant pignon sur rue ont pour la plupart du
talent. Mais ils ont d’autres atouts dont la maîtrise des chemins parfois tortueux qu’emprunte leur manuscrit depuis leur naissance jusqu’au livre posé sur les rayons d’une librairie. Cette
connaissance des circuits n’est pas le fait du hasard mais le fruit de l’expérience. Alors nous avons donné la parole à des éditeurs connus, des éditeurs moins connus à la tête de petites et de
moyennes structures pour leur demander qu’est ce qui les incitent réellement à choisir les Elus de leurs catalogues. Ils sont Français et Canadiens mais chacun a sa réponse selon une éthique
propre, une façon de voir et de lire. Les libraires ont été eux aussi sollicités car il nous paraît important de donner la parole à ceux qui font passer “le message” depuis leur librairie et qui
savent avec beaucoup de discernement jauger la densité et la profondeur d’une oeuvre. Les agents littéraires ont également une place non négligeable tant leur profession, snobée pendant un temps
par les maisons d’édition ont vu leur rôle considérablement s’épaissir depuis quelques années et surtout depuis l’affaire Jonathan Littell et Andrew Nurnberg. Ils sont là et défendent leurs
poulains auprès des éditeurs. Tout y passe : contrats, droit de cession, droit d’adaptation, promotion et pérennité de l’auteur dans le temps. Puis nous sommes allés à la rencontre des auteurs de
l’ombre, les propriétaires des manuscrits en souffrance comme les appellent le journaliste Philippe Di Folco. Et nous leur avons demandé de témoigner de leurs expériences, de leurs difficultés,
de leurs travaux et de leurs espoirs. Car décider d’écrire est un point de convergence ambigu “où vous risqueriez de vous adresser inconsciemment, à un public qui n’existe pas; vous risqueriez de
chercher à faire plaisir à quelqu’un que vous ne satisferez pas et qui ne le mérite pas”. Alors, sur ce, “Ne vous attendez pas à être traité équitablement par les gens. Ne vous attendez même pas
à être traité avec clémence” et n’oubliez jamais “qu’écrire est un équilibre entre sa propre vision intime et le monde public” comme l’écrit Joyce Carol Oates.
Nicolas Vidal
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Par Nicolas Vidal
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Publié dans : Les Editos du BSC NEWS MAGAZINE
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